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Festival d’Avignon : la misère du OFF

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Article paru dans Plateaux n°201 - 2ème trimestre 2010

Tous les ans le festival d’Avignon bat ses propres records en ce qui concerne le nombre de spectacles présentés au public. Cette année ce sont plus de 1050 spectacles (1068 recensés sur le site de Avignon Festival et Compagnies). Peut-on se réjouir d’une telle inflation ?

Depuis des années on assiste à la présentation de spectacles dans des conditions qui sont loin d’être professionnelles pour ne pas dire totalement amateurs. Nombre d’artistes se ruinent littéralement entrainant avec eux les comédiens, danseurs, chanteurs, musiciens, techniciens sans que ceux-ci ne soient payés et que les différentes cotisations dues aux caisses sociales ne soient versées. Ne parlons même pas des conditions de travail dans des lieux qui enchaînent les spectacles comme autant de marchandises sur l’étal d’un rayon de superette ! Les seuls qui tirent bénéfice de cette situation sont les propriétaires de lieux qui louent leurs espaces à prix d’or.

Bon an mal an un certain nombre de compagnies fait l’effort de présenter son spectacle en respectant (parfois même scrupuleusement) les règles et les obligations sociales applicables. Celles-ci se retrouvent de fait dans une concurrence tout à fait déloyale et totalement faussée avec des compagnies dont la pratique relève plus de l’amateurisme que d’une réelle éthique professionnelle. En outre ces dernières accréditent l’idée, certes malgré elles et dans une inconscience totale, qu’être acteur n’est pas un métier et que l’on peut faire du théâtre sans moyens. Alors même que l’Etat et les collectivités territoriales se désengagent de plus en plus des financements de la création artistique, c’est un bien dangereux signe à donner. C’est également dans ce contexte de réduction budgétaire que l’augmentation toujours exponentielle du nombre de spectacles en Avignon nous fait craindre le pire en matière de respect des obligations sociales pour les artistes. Non vraiment, ce nouveau record ne nous réjouit pas et il n’est pas signe de bonne santé du spectacle vivant dans notre pays.

Comme tous les ans le SFA sera présent pour rencontrer les artistes, les aider en cas de besoin et participer aux différents débats où se retrouvent les différentes organisations professionnelles. Afin de préparer la journée d’action du 15 juillet, nous passerons dans tous les lieux de spectacles pour informer les artistes de l’importance de cette journée et des enjeux qui sont devant nous. Il n’est malheureusement pas facile d’y rencontrer les artistes interprètes. Les militants du SFA étant eux-mêmes artistes en activité le comprennent bien. Lorsque nous passons, soit le spectacle est en cours, soit l’équipe suivante s’affaire pour préparer sa représentation et les artistes qui viennent de terminer la leur sont tout à savourer le plaisir de leur succès auprès du public et de leurs amis. Si donc vous avez besoin d’un conseil ou d’une information, n’hésitez pas à passer à la permanence ou donnez un coup de fil sur le téléphone portable du syndicat : il y aura toujours quelqu’un pour vous répondre ou vous rappeler après avoir pris connaissance de votre message.

Le 13 juillet, au « Village du Off » les syndicats de la Fédération CGT du spectacle organiseront une assemblée générale d’information et de débat sur les dangers qui pèsent sur le spectacle vivant en particulier et plus largement sur l’ensemble de la culture dans notre pays. D’ores et déjà les budgets se réduisent comme peau de chagrin et les programmations se retrouvent de plus en plus limitées. Ce sera l’occasion de nous rencontrer et de préparer la journée d’action du 15 juillet.

D. FOUQUERAY