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La Chanson et le ministère de la Culture

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Article paru dans Plateaux n°200 - 1er trimestre 2010

TRIBUNE

 

Déjà, dès le début des années soixante, le SFA et sa branche Variétés (bien remplie à l’époque) réclamaient la création de 23 centres de la Chanson, à l’équivalent des 23 centres dramatiques qui existaient alors.

On nous répondait : « la chanson, cet art mineur… ».

C’était la mémorable querelle Guy Béart – Serge Gainsbourg lors d’une émission de télévision ; Gainsbourg que je connaissais très bien par ailleurs (il avait été mon pianiste au cabaret « Le Milord l’Arsouille » avant d’écrire et de chanter lui-même et avant sa « période–provocation »), qui par provocation avait soutenu que la chanson était un art mineur (alors que dans le privé, il était sur nos positions), face à un Guy Béart, autre ami intime, qui a toujours défendu ces positions, lui.

Mais là, cette injure venait directement de notre ministère.

Traiter la Chanson d’Art mineur (je mets toujours une majuscule à Chanson et à Art) est refuser ce qui existe vraiment dans la vie quotidienne. C’est ne pas admettre qu’elle est le seul Art qui pourrait nous permettre d’avoir une longue conversation sensée, à partir de phrases, de vers de Chansons.

Ce n’est qu’en 1982, sous le premier ministère de Jack Lang à la Culture, que nous pûmes discuter sérieusement de la création de Centres de la Chanson. Quatre furent créés sur les 23 que nous demandions depuis toujours et le fameux slogan de 68 « Ca n’est qu’un début, Camarades, continuons le combat » devint nôtre, instantanément.

Quatre centres donc : à Bordeaux, à Rennes, à Nanterre « Centre Georges Brassens » avec notre regretté Christian Dente à la direction et à Bourges qu’Alain Meilland dirigea après avoir créé la première « cellule chanson » dans les activités de la Maison de la culture et avant d’initier avec la Mairie le fameux « Printemps de Bourges ».

Ces quatre centres fonctionnèrent très bien, notamment Bourges et Nanterre, ce dernier créant même une « Ecole de la Chanson » sous la direction de Luce Klein, école devenue aujourd’hui les ACP (Ateliers chansons de Paris).

Mais en 84 et 85, le ministère arrêta ses financements, suivi par les conseils régionaux et départementaux et les mairies (Tiens, ça nous rappelle quelque chose…).

Et, à nouveau plus de centres de la Chanson ! Mais… Continuons le combat !

 

Claude VINCI