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Une plateforme professionnelle pour une politique culturelle

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Article paru dans Plateaux n°198 - 3ème trimestre 2009

Après la grande assemblée générale du 17 juillet en Avignon, nombre des organisations qui l'avaient incitée ou y avait participé (dont notamment FNSAC-CGT, SYNDEAC, UFISC, FCCS CFE-CGC, etc.) ont appelé, suivant le vote des mille artistes et techniciens réunis, à une journée nationale de mobilisations le 21 septembre.

Plusieurs initiatives ont eu lieu à travers la France, et, même si la participation n'a pas été à la hauteur des espérances et des besoins, l'assemblée générale au Théâtre national de Chaillot a pu voter une plateforme enrichie, inspirée de celle votée au Palais des Papes. Elle exige :

 

  • l'élaboration d'une loi d'orientation et de programmation pourles arts et la culture ;
  • une nouvelle étape de la décentralisation négociée avec les collectivités territoriales ;
  • un plan de relance et de développement du Spectacle et au-delà de la Culture ;
  • le rétablissement des capacités artistiques des structures ;
  • la pérennisation et le développement des emplois artistiques et techniques ;
  • le soutien aux outils de productions, notamment les compagnies ;
  • l'expertise des propositions alternatives des annexes 8 et 10 de l'assurance chômage ;
  • l'élargissement des publics et la mise en place d'un véritable plan d'éducation artistique ;
  • une politique d'ouverture européenne et internationale ;
  • la suppression du Conseil de la création artistique.

 

 

Quand on connaît l'allégresse avec laquelle notre nouveau ministre de tutelle met en oeuvre la Révision générale des politiques publiques qui déstructure et rétrécit son ministère, détricotant ses capacités d'intervention, quand on sait que la loi de finances triennale de l'année dernière va imposer des baisses de budget pour 2010 et 2011, quand on voit la situation des collectivités territoriales, sur lesquelles l'Etat déplace des responsabilités (chères !), sans les moyens de les financer, on peut être ou atterré ou révolté.

Quand on regarde le compte rendu de la présentation du programme (car aucune de nos organisations professionnelles n'y a été invitée) du Conseil de la création de Sarkozy/Karmitz, c'est clair que cela devrait être la révolte qui l'emporte ! Aucune originalité, beaucoup de mépris et une facture qui sera payée par divers ministères, et notamment celui qui s'appelle encore... de la Culture. Et pendant ce temps, le ministère des Affaires étrangères se dégage progressivement de toute action culturelle.

Cette année nous devons fêter le cinquantième anniversaire du ministère de la Culture, voulu par De Gaulle et Malraux. Les 13,14 et 15 octobre l'évènement sera célébré en grande pompe (avec 10 mois de retard) à l'Opéra Comique par un colloque international intitulé « Culture, politique et politiques culturelles ». Pour que cela ne soit pas plutôt un enterrement, les artistes et techniciens, avec les autres artisans du spectacle vivant, du cinéma et de ('audiovisuel, et avec leurs publics, doivent faire connaître à cette occasion leurs exigences. La plateforme de Chaillot donne une bonne base. Est-ce que les professionnels vont se réveiller et s'en saisir ?

Jimmy SHUMAN