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« Souvenirs » d’Avignon

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Article paru dans Plateaux n°198 - 3ème trimestre 2009

Chaque année la présence du SFA en Avignon est un moment particulier pendant lequel les militants présents sur le festival se rencontrent et échangent sur les situations de chacun. C’est le moment également de faire la connaissance d’adhérents que nous ne connaissions pas encore et surtout l’occasion d’aller voir les spectacles dans lesquels jouent nos camarades et notamment ceux qui sont loin.

Ces rencontres nous permettent de faire le point sur la situation du spectacle vivant et malheureusement de voir à quel point les conditions de travail se dégradent un peu partout et notamment sur le festival, car, ne nous y trompons pas, la profusion de spectacles qui augmente chaque année et les conditions dans lesquelles ils se déroulent, pour la grande majorité d’entre eux, ne sont vraiment pas un signe de bonne santé.

Avignon est aussi l’occasion pour l’ensemble des organisations professionnelles de débattre des différents enjeux culturels et du spectacle vivant (théâtre et danse principalement). Le moment fort de cette édition fut l’assemblée générale organisée à la Cour d’Honneur du Palais des Papes le 17 juillet. L’ensemble des organisations professionnelles du spectacle vivant, quasiment au grand complet y adopta, au travers de plusieurs motions, ce qui s’apparente à une plateforme revendicative :

 

  • l’élaboration d’une loi d’orientation et de programmation, avec un volet sur la décentralisation, pour les arts et la culture
  • La suppression du Conseil supérieur de la création artistique
  • La mise en œuvre d’un plan de relance à hauteur de 400 millions d’euros
  • L’arrêt de l’utilisation des flashball et le soutien à Joachim Gatti, agressé par la police à Montreuil et qui a perdu un œil.

 

En outre le SFA et la Fédération CGT des syndicats du spectacle demandent une remise à niveau des salaires des artistes et des techniciens sur les minima conventionnels comme sur les réels ainsi qu’une expertise des propositions alternatives au régime spécifique d’indemnisation chômage des salariés intermittents du spectacle vivant et enregistré (annexes 8 et 10), l’adossement de la Caisse des congés spectacles au groupe paritaire AUDIENS et le maintien de la gestion des congés individuels de formation au sein de l’AFDAS. 

Un autre moment fort fut le débat organisé par le Syndicat national des metteurs en scène (SNMS), malicieusement intitulé « Faut-il payer les artistes ? » Il est évident que bien des questions qui se posent aux metteurs en scène se posent de la même façon aux artistes interprètes et le SFA a émis le souhait que des rencontres entre les deux syndicats puissent se tenir régulièrement ; proposition qui fut accueillie chaleureusement par les participants au débat. 

Il est à regretter cependant que les organisations professionnelles, les organismes sociaux et les sociétés de gestion collective soient si dispersés géographiquement, chacun faisant ses permanence ou ses débats dans son coin. Cette atomisation nuit à la visibilité des organisations et cette situation se retourne finalement contre les professionnels qui n’ont pas suffisamment accès à l’information dont ils auraient besoin. C’est pourquoi le SFA, avec la fédération CGT, militent pour qu’un lieu puisse être trouvé et mis à disposition de toutes les organisations aux fins d’une plus grande visibilité auprès des artistes et des techniciens présents sur le festival qu’ils travaillent dans le IN ou dans le OFF. Cet endroit pourrait accueillir l’ensemble des débats et être un lieu de convivialité pour toute la profession où chacun pourrait venir se renseigner sur ses droits ainsi que sur les diverses possibilités offertes par les différents organismes. 

Visiblement une grande force d’inertie empêche une telle initiative d’exister bien que ceux qui déclarent le souhaiter soient nombreux. De toute évidence la Direction du festival devrait agir avec beaucoup plus d’empressement pour que cet espace que nous appelons de nos vœux voie enfin le jour.

 

Denys FOUQUERAY