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La CPNEF Spectacle vivant

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Article paru dans Plateaux n°204 - 1er trimestre 2011


Parfait exemple de particularisme : une grosse douzaine d’organisations d’employeurs et les cinq provisoires mais traditionnelles organisations de salariés. Un champ composé à 80% de TPE de moins de 10 salariés, dont la moitié, au moins, n’ont aucun salarié permanent ! Un sous-champ public qui la finance à l’aide d’une partie du FCAP; l’autre sous-champ, le privé, assumé par une minorité d’organisations d’employeurs responsables, est sujet chez les autres à toutes les contorsions imaginable pour la financer a minima. Peut-être qu’à l’avenir, après la mise en place d’un FCAP dans le privé… ? En fait, cette CPNEF-SV reste très dépendante de la subvention ministérielle, et des contributions d’institutions de la profession (CNV, SPEDIDAM, mais pas l’ADAMI qui depuis trois ans a mystérieusement décidé de ne plus verser les 7 500 euros qu’elle versait).

Le fonctionnement de la CPNEF du spectacle vivant est beaucoup moins complexe que celui de sa petite soeur de l’audiovisuel : une AG plénière élit un bureau qui lui-même constitue des groupes de travail spécifiques rapportant devant lui. Son siège social et ses deux salariées sont à la charge de son budget.

 
  • Son problème initial était le côté « bricolé » des informations statistiques délivrées à la profession. La CPNEF a donc établi une harmonisation des nomenclatures des emplois, puis des activités des entreprises qui progressivement ont été « implémentées » au sein d’AUDIENS, de l’AFDAS, de Pôle Emploi (dur, dur !), des Congés spectacles… et même dans le logiciel ATALIE des commissions de licences du MCC. Ainsi tous ces lieux ressources essaient de parler des mêmes choses !
  • Mais obtenir un véritable « état des lieux » de l’emploi, secteur par secteur, ne signifiait pas pour la CPNEF crouler sous des masses de statistiques. C’est pourquoi, très récemment, elle travaille sur un tableau de bord de l’emploi et de la formation afin de suivre leurs évolutions ou sur des fléchages décidés par les organisations. 
  • Afin de préparer l’avenir, elle signe avec les ministères de l’emploi, du travail et de la culture un accord ADEC (action de développement des emplois et des compétences). Cet accord comporte quatre axes (déclinés en dix actions) : « Améliorer la connaissance du marché du travail et renforcer le lien emploi/formation », « Optimiser les pratiques d'emploi », « Adapter et développer les compétences des salariés, et concourir à la construction des parcours professionnels », « Développer une politique de prévention pour préserver la santé et la sécurité des salariés ».  Les dix actions qui composent ces quatre axes sont déclinées aux niveaux national (« ingénierie ») et régional (« mise en œuvre opérationnelle »). Actuellement, plus de la moitié des régions sont impliquées. Ce plan à visée de moyen-long terme implique une difficile mise en place d’une démocratie sociale régionale et d’une véritable obstination des acteurs locaux.
 
  • Selon les différents textes qui régissent leurs interventions, les CPNEF ont entre autres pour mission la définition des priorités de formations pour des publics prioritaires ; cette responsabilité est devenue résolument nécessaire avec le budget contraint de l’AFDAS. Rappelons ici qu’il s’agit de propositions, mûrement réfléchies, et non d’ordres comminatoires et exhaustifs aux instances de l’AFDAS. Une autre mission est d’évaluer la qualité des offres de formation, démarche également destinée à être mise en débat au sein de l’AFDAS. D’autres missions, encore, sont confiées à la CPNEF-SV : élaboration d’un répertoire de référentiels métiers, examen des dossiers d’organismes de formations souhaitant inscrire des certifications au sein du RNCP… Arrêtons-là délibérément cette liste pour éviter l’inventaire à la Prévert…
 
  • Une dernière information : les accords nationaux interprofessionnels (ANI), puis les lois qui prétendent les décliner ont imposé la mise en place « d’observatoires professionnels des métiers et des qualifications ». Dans le spectacle vivant, le pilotage en est assuré par la CPNEF et l’opérateur choisi est l’AFDAS : y a t il meilleure preuve que tous les militants mandatés au sein des deux institutions ont l’obligation de réfléchir et de travailler ensemble ?


Jean-François PUJOL,
vice-président de la CPNEF-SV

 

TPE : très petites entreprises

FCAP : fonds commun d’aide au paritarisme

CNV : centre national des variétés, chanson, jazz

AUDIENS : groupe de protection sociale pour l’audiovisuel, la communication, la presse et le spectacle

MCC : ministère de la    culture et de la communication

RNCP : répertoire national des certifications professionnelles

AFDAS : Fonds d’assurance formation des secteurs de la culture, de la communication